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UN PEU DE MOI

A COEUR OUVERT 

Coeur

 

Il y a plus de 11 ans j'ai cru rencontrer l'amour. Et même si, aujourd'hui, beaucoup savent... certains en ignorent le fond. Si désormais j'arrive plus facilement à en parler, les cicatrices restent ouvertes et les plaies sont encore vives. 

 

 

On a tendance à juger ou à savoir comment nous pourrions réagir dans ce genre de situation, mais j'ai été la première surprise (en prenant du recul). 

 

 

J'étais une jeune fille "forte", pleine de vie, avec un fort caractère au coeur tendre.  Aujourd'hui je suis une femme en reconstruction (car cela prendra du temps), avec très peu d'estime de soi et de confiance. 

 

Tout commença en 2006, lors de ma rencontre avec un jeune homme pour lequel j'étais tombée folle amoureuse. J'ai passé plus d'un mois quasi non-stop auprès de lui (entre l'école et le travail) et j'ai vécu ma "première claque" quand la vérité d'être trompée s'est révélée mais je lui ai fait confiance et nous avons continuer notre route ensemble. 

 

Je passais mon bac quand mes copines me disaient que j'avais pris de la poitrine et du bidou, cela dit la prise de poids en période d'examen c'est un peu normal (avec le stress ...). Mais effectivement le dernier mois d'école, j'avais été très peu assidue avec la fatigue (lycée, travail les soirs et le week-end) et les nausées (causées par le stress). Mais on m'a mise au défi de faire un test de grossesse, que j'ai fait car il allait être négatif (je prends la pilule). 

 

 

Mais non, au bout de 6 mois de relation, de prise de la pilule et de préservatifs (oui oui pour de vrai) je suis belle et bien enceinte et pas d'un peu, de 3 mois.

 S'offrent alors plusieurs possibilités : le garder ou l'avortement ;( Je fût tirailler entre :

- "L'amour de ma vie" (que je pensais être à l'époque) et le "si tu le gardes je te quitte".

- Et l'amour de mes proches qui n'acceptaient pas la possibilité de l'avortement.

 

Mais un petit être grandissait en moi et cet amour est indescriptible, je n'ai pas pu me résigner à lui retirer la vie (car son petit coeur battait déjà) à mon plus grand bonheur. 

 

Mais à ce moment là notre calvaire (à ce petit bébé et à moi) a commencé secrètement. Des petits coups dans le ventre, pour le faire partir, puis les coups étaient plus violents dans le ventre mais fort heureusement mon bébé s'est bien accroché. 

 

La violence des mots a fait également son apparition, toujours à me rabaisser, "je n'arriverai à rien dans la vie", "j'étais une incapable", "mes parents ne voulaient pas mon bonheur avec lui", "il a un passé difficile, c'est pas de sa faute je dois être plus compréhensive" (des paroles quotidiennes et tant d'autres qui te détruisent petit à petit).

 

Après la naissance de mon loulou, les coups ont un temps cessé mais la violence psychologique n'a été que plus grande, et pour ma part la plus destructrice.  Car au fil du temps il me détache de ma famille, de mes amies, pourtant une de mes fidèles amie a toujours été là, ne me jugeait pas, me soutenait même si elle ne connaissait pas les 3/4 de ce qui se passait. Elle a toujours été présente, mais je l'ai finalement perdue ;( car je n'ai pas été assez forte pour ne pas croire ses dires et même après la séparation je n'ai pas réussi à le combattre. Sans doute aussi le fait que cela me rappelait tous ces souvenirs. Mais aucune excuse ne me permettra aussi de me remettre de la perte de cette belle amitié. 

 

Les jours passaient et se ressemblaient, Il ne faisait rien de ses journées, mais mettait mon compte à mal.. qui voudrait de moi à part lui, j'était si "conne" et horrible ... donc j'acquiesçait, bêtement sans doute.

 

Mais les coups revinrent, les destructions de biens ("pour m'éviter les souffrances physiques") car c'est moi qui le poussait à bout, c'était de ma faute s'il faisait ça. Je n'aurais pas du le provoquer ou le contre-dire, je n'aurais pas du lui dire qu'il était drogué (oui car il avait une consommation abusive de stupéfiants), je n'aurai pas du recevoir ce coup de téléphone (une erreur de numéro), mais il s'agissait d'un homme et cette fois il a arrosé la voiture d'essence (Mr bricolait toujours ces engins et avait des gros bidons dans le coffre de ma voiture) avec bébé dedans. Je suis restée là apeurée, tétanisée et j'ai vu cette flamme sortir du briquet, j'ai alors pris la fuite chez mes parents... Mon frère m'a poussé à déposer plainte mais je lui ai dit, à l'époque, que si quelqu'un le faisait je préférerai couper les ponts avec eux ...

 

Il s'agit là d'un exemple parmi tant d'autres ...

Car je pourrai vous raconter la fois où j'ai perdu connaissance avec mon fils dans les bras, la fois où j'ai été poussée dans les escaliers... et j'en passe. 

 

 

Les voisins savaient, entendaient ... mais personne ne voulait vraiment prendre "parti", "se mouiller", cela ne les regardaient pas ... 

 

En plus il n'a jamais été présent pour mon fils (pour les 1 an de loulou il a préféré partir en week-end pour fumer avec ses potes, les hospitalisations de bébé qu'il trouvait "soûlante"....). Notre relation était faite de ruptures et de réconciliation (pas sain pour une famille).

 

Mais ce jour là j'ai déposé plainte, ce jour là ils sont venus à 2 ... je savais qu'il viendrait et avait fait garder mon loulou par ma voisine, ce jour là j'ai pris cher et j'ai pris mon courage à 2 mains et suis allée à la gendarmerie.

Ce gentil gendarme m'a vu pousser la porte et est venu à moi pour me voir tout de suite (je suis passée devant tout le monde sous des regards inquiets et accusateurs), il avait compris à mon visage, à ma posture ... il a été là pour moi à ce moment crucial de ma vie, il a pris ma plainte et m'a donné des directives ... Jamais je n'oublierai cette main tendue.

Surtout il m'a dit de ne pas retirer ma plainte (comme les 3/4 des victimes) malgré ses excuses dans quelques semaines. ..

Pourtant c'est ce que j'ai essayé de faire, après que Mr m'ai présenté ses excuses.

Mais je n'ai pas pu le faire on m'a dit que le gendarme qui s'occupait de mon affaire était en vacances et que ce n'était pas possible (naïve j'y ai cru). 

 

Ce jour là j'ai laissé ma plainte mais j'ai continué à le fréquenter et à subir en silence car je n'avais qu'à pas rester avec lui mais partir... mais où et comment?

 

 

Je n'étais plus rien et mon fils avait besoin de moi, si je part on me l'enlèverai (oui le bourrage de crâne va loin). 

 

 

Puis après de multiples ruptures/réconciliations j'ai rencontré mon chéri actuel. 

 

 

Cela le père de mon fils l'a très mal vécu et a eu encore des gestes violents, heureusement je n'ai eu que des contusions mais ce fût l'acte de trop. Ce jour là j'ai dis stop et ai enclenché les démarches judiciaire pour la garde de mon fils (c'est encore un autre sujet mais mon loulou en souffre aujourd'hui). J'ai voulu le mieux pour mon loulou et ai demandé une garde 1 week-end sur 2 et la moitié des vacances, car il restait son père et je ne voulais pas l'en priver. 

 

Aujourd'hui encore, je sursaute ou me replie au moindre geste "sec" une main en l'air ou une main qui s'approche vite de moi alors que je ne m'y attends pas ... 

 

 

Même si encore aujourd'hui j'ai encore des "séquelles" on peut partir, il faut partir ... on peut être aidée, je vous l'assure. Et quoique l'on vous dit, nous n'y sommes pour rien ... personne ne mérite ce genre de traitement.

 

 

J'ai mis du temps à me considérer comme une victime même après le jugement, même encore aujourd'hui j'ai du mal à me dire que j'étais une FEMME BATTUE et pourtant il faut appeler un chat un chat  ... sachez que vous n'êtes pas seul(e)s, que vos enfants seront en sécurité mais il faut réussir à parler, au moins à une personne, il suffit d'une personne pour vous aider à partir, une personne suffit pour vous aider à reprendre VOTRE vie ... 

 

J'arrive à me reconstruire petit à petit et ce blog, cette page, aussi récente qu'elle puisse être, me donne du courage et de la confiance.

 

Merci à vous :)